Docteur Stéphane MILCENT Urologie-Cancérologie-Andrologie-Pelvipérinéologie
Docteur Stéphane MILCENT Urologie-Cancérologie-Andrologie-Pelvipérinéologie

Infections uro-génitales chez l'homme

Prostatite aigue comprimant l'urèthre

INFECTION DE L'URETRE (URETRITE)

 

L’infection bactérienne de l’urètre survient quand des microbes viennent coloniser de façon aiguë ou chronique les glandes situées le long de l’urètre masculin ou féminin. Le Chlamydia, le Gonocoque et l’Herpès sont des causes fréquentes d’infection urétrale chez l’homme et la femme.

 

URETHRITE AIGUË (HOMME)

 

L'infection de l'urètre entraîne chez l'homme une difficulté à uriner, une douleur à l'écoulement de l'urine, et généralement un écoulement urétral. Le plus souvent lié à Chlamydia trachomatis, à un Mycoplasme (écoulement clair), ou à Neisseria gonorrhoeae (écoulement jaunâtre d'aspect purulent, typique du gonocoque). Les autres agents infectieux en cause peuvent être Ureaplasma urealyticum, Trichomonas vaginalis, Candida albicans. Les germes sont souvent associés.

 

Chez l'homme, l'urétrite non traitée correctement expose au risque ultérieur de rétrécissement de l'urètre.

 

Urétrite à Chlamydia trachomatis

 

Chlamydia Trachomatis est un agent infectieux principalement responsable d'infections de l'urètre (urétrite) et de l'épididyme (épididymite). Le traitement doit être précoce pour éviter le risque de stérilité.

 

En pratique, le diagnostic nécessite de faire un prélèvement urétral et un test antigénique. Il faut traiter tous les sujets contacts, et traiter les maladies vénériennes éventuellement associées (Gonocoque, Mycoplasmes, Candida Albicans, Gardnerella, Herpès).

 

Le traitement antibiotique standard en l'absence de complications est la mynocycline (Minocine®) : 100 mg/j pendant 10 j, mais d'autres antibiotiques sont utilisés (Vibramycine®, Rulid®, Zithromax ã , Oflocet®).

 

Abstinence ou rapports protégés sont requis jusqu'à contrôle de la guérison

 

Traitement de l'urétrite à Gonocoque (blennorragie)

 

Le traitement antibiotique est très efficace, l'antibiotique utilisé étant soit la Trobicine® (spectinomycine), soit la Rocéphine® (ceftriaxone), soit le Prototapen® (ampicilline-probénécide) si le germe risque d'être résistant (Gonocoque producteur de pénicillinase)

 

Il faut systématiquement un traitement actif sur le Chlamydia, rechercher les partenaires et faire un contrôle de la sérologie de la syphilis à 1 mois, et du virus HIV à 3 mois.

 

INFECTION DE LA PROSTATE (PROSTATITE)

 

C'est l'infection de la prostate par une bactérie. Il faut souligner qu'il n'y a pas de rapport entre prostatite et cancer de la prostate, mais que la prostatite augmente souvent le taux de PSA. Il faut donc répéter le dosage du PSA 3 mois après l'épisode infectieux en cas d'augmentation initiale du taux de PSA. La prostatite n’est pas une maladie vénérienne.

 

PROSTATITE AIGUË BACTERIENNE

 

C'est l'infection aiguë de la prostate. Le début de l'infection est souvent brutal, avec fièvre, frissons, troubles urinaires (envies fréquentes, faiblesse du jet, blocage urinaire…), pesanteur et/ou gêne dans le bas-ventre, douleur lombaire, sang dans les urines, éjaculation douloureuse. La notion de troubles urinaires d'apparition récente avec fièvre suffit à faire évoquer le diagnostic de prostatite. La prostate est généralement douloureuse au toucher rectal.

 

Les examens complémentaires

 

L'examen des urines (ECBU) montre le plus souvent des germes (Colibacille en général), avec du pus dans les urines. Les prostatites sont plus souvent à Chlamydia chez les patients de moins de 35 ans, et plus souvent à Colibacille chez les patients plus âgés.

 

Dans certains cas de prostatite récidivante, ou de troubles périnéaux mal définis, un ECBU après massage prostatique peut être indiqué pour mettre en évidence un germe éventuel. L'échographie vésico-prostatique permet d'évaluer le volume prostatique et la vidange vésicale. Eventuellement, en cas de prostatite récidivante, on fait une fibroscopie de l'urètre et de la vessie, ou une urétrographie à la recherche d’un rétrécissement urétral.

 

Facteurs de risques.

 

Le risque d’avoir une prostatite aiguë est plus important dans certaines situations :

 

sondage urinaire ou examen endoscopique de la vessie,

anomalie congénitale ou acquise (rétrécissement) de l’urètre,

infection vésicale récente,

adénome de la prostate,

rapport sexuel anal non protégé,

 

PROSTATITE CHRONIQUE BACTERIENNE :

 

Infection récidivante de la prostate. Cause la plus fréquente d’infection récidivante chez l’homme du fait de la réintroduction du germe dans la vessie à partir des glandes prostatiques infectées. Peut s’accompagner d’une fièvre minime ou d’une gêne pelvienne. Le diagnostic repose sur la mise en évidence du germe dans l’urine après massage prostatique, ou la spermoculture. Une fibroscopie urétro-vésicale ou une urétrographie peuvent être faites, à la recherche d’un rétrécissement urétral.

 

Il faut souligner que le diagnostic de prostatite ne repose pas sur une image échographique. Des calcifications prostatiques visibles en échographie sont fréquentes, même chez des sujets normaux, et sont souvent signalées par les radiologues. Cependant, ces images sont tout à fait aspécifiques, ne constituent en aucune manière le signe d'une prostatite évolutive, et ne nécessite aucun traitement particulier.

 

Parfois, une hémospermie (du sang dans le sperme, qui lui donne une coloration rouge-brunâtre ) révèle l'infection intra-prostatique. A noter que la présence de sang dans le sperme, souvent inquiétante pour le patient, est généralement le signe d'une infection et non pas un signe de cancer de la prostate.

 

Un traitement prolongé pendant 3 mois, à petites doses, est souvent efficace en cas de prostatite chronique. Parfois, une résection endoscopique de la prostate est nécessaire pour éradiquer les foyers infectieux.

 

PROSTATITE CHRONIQUE NON BACTERIENNE

 

La prostatite chronique non bactérienne est la plus fréquente des prostatites symptomatiques et peut être la plus fréquente des affections prostatiques, y compris l’adénome de la prostate.

 

Dans ce cas, contrairement aux situations précédentes, aucune infection n’est mise en évidence. Le symptôme habituel est une vague gêne périnéale. Le traitement antibiotique est habituellement inefficace. Les mesures hygiéno-diététiques peuvent être efficaces: régime (éviter épices, vins blancs et champagne), bains chauds, relaxation, alpha-bloquants, activité sexuelle régulière…

 

PROSTATITE INFLAMMATOIRE ASYMPTOMATIQUE

 

Dans cette forme, il n'y a aucun symptôme, mais des globules blancs sont mis en évidence de façon fortuite dans les sécrétions prostatiques.

 

PROSTADYNIE

 

Ce terme imprécis correspond à différents symptômes à type de pesanteur périnéale, de gène pelvienne. La prostadynie est une affection qui a tous les symptômes d’une prostatite, mais sans qu'aucun microbe ou globule blanc ne soit trouvé à l’examen de l’urine et du sperme. La cause de cette affection est inconnue et aucun traitement n'est réellement efficace. En particulier, les antibiotiques ne sont pas efficaces dans la prostadynie.

 

INFECTIONS DU TESTICULE (ORCHITE) ET DE L'EPIDIDYME (EPIDIDYMITE)

 

L'épididyme est le canal dans lequel passent les spermatozoïdes à la sortie du testicule. L'épididyme se continue par le canal déférent. L'infection de l'épididyme et du testicule sont souvent associées, réalisant alors une orchi-épididymite.

 

EPIDIDYMITE AIGUË

 

L'infection se traduit par une augmentation du volume de l'épididyme, une douleur de la bourse, avec des troubles urinaires variables, de la fièvre et la présence inconstante de germes dans les urines. Il s'agit souvent d'une infection à Chlamydia trachomatis avant 35-40 ans, et à Colibacille (E. Coli) après. L'infection est habituellement unilatérale. Le risque, en l'absence de traitement, est la sténose de la voie génitale et le risque d'infertilité.

 

Le traitement associe antibiotiques et anti-inflammatoires pendant 1 mois.

 

ORCHITE AIGUË

 

L'infection se traduit par une augmentation du testicule, une douleur de la bourse, avec des troubles urinaires variables, de la fièvre et la présence inconstante de germes dans les urines. L'infection est généralement unilatérale. Cette augmentation du volume testiculaire est habituellement brutale, douloureuse, accompagnée de fièvre, ce qui la différencie de l'augmentation de volume due à une tumeur du testicule. Cette dernière est indolore, et sans fièvre associée.

Chez l'enfant, toute douleur au niveau des bourses doit faire évoquer avant tout une torsion du testicule, qui nécessite un traitement chirurgical en urgence.

 

LE TRAITEMENT DES INFECTIONS AVEC FIEVRE (pyélonéphrite, prostatite, orchite et épididymite)

 

En cas d'infection urinaire avec fièvre importante, s'accompagnant de frissons et d'une altération de l'état général, une hospitalisation est nécessaire car un traitement efficace par voie intraveineuse est recommandé.

 

Le traitement est commencé après des prélèvements bactériologiques recherchant la présence de bactéries dans le sang (hémocultures) et les urines (ECBU). Le principe général est de traiter avant le résultat des prélèvements, et d'adapter ensuite les antibiotiques en fonction du résultat de l'antibiogramme (étude de la sensibilité des germes).

 

Le traitement initial intraveineux est poursuivi jusqu'à 48 heures après la disparition de la fièvre. Le relais est ensuite pris par un traitement par voie orale qui sera prolongée 3 à 4 semaines. Il ne faut pas arrêter le traitement prématurément, même en cas de disparition des symptômes après quelques jours, car le risque de rechute est alors important.

 

Dans tous les cas, il faut traiter si nécessaire une éventuelle obstruction, (montée de sonde urétérale, drainage percutané du rein…).

 

En cas d'infection rénale (pyélonéphrite) si la fièvre ne disparaît pas dans les 48 heures, il faut faire un scanner pour rechercher un éventuel abcès rénal, et vérifier l'absence d'obstruction de l'uretère.

 

En cas de fièvre modérée, le traitement peut être fait à domicile, mais il est indispensable d'appeler le médecin en cas d'aggravation des symptômes.

 

En cas d'épididymite aiguë ou de prostatite aiguë, l'usage est d'ajouter un anti-inflammatoire stéroïdien dès l'obtention de l'apyrexie, et pendant 10 jours. Chez le sujet de moins de 40 ans, le traitement doit être actif sur le Clamydiae qui est souvent en cause, et l'ofloxacine (Oflocet®) est alors l'antibiotique oral prescrit pour un mois (le traitement de la partenaire est indispensable).

 

 

Source: UROPAGE.COM créé avec le Professeur Thierry Flam 1999 , mise à jour 2016

 

 

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